Actualité au Burkina Faso

l'Académie Nationale de l'Economie Verte et du Changement Climatique au Burkina Faso

 Du 14 au 16 décembre dernier, l'Académie Nationale de l'Economie Verte et du Changement Climatique (ANEV) s’est déroulée à Ouagadougou. Cet événement placé sous le haut patronage du Premier Ministre burkinabè, la présidence du Ministre de l'Environnement, de l'Economie Verte et du Changement Climatique et la co-présidence de la Ministre de l'Economie, des Finances et du Développement visait à rendre opérationnelle la Politique Nationale de Développement Durable (PNDD) pour 2013-2018.

 

Les discussions durant cette académie ont débouché sur la définition d'une Stratégie Nationale sur l'Economie Verte (SNEV) qui devrait permettre de déployer concrètement les 13 principes directeurs de la Politique Nationale de Développement Durable. Le renforcement des modes de production et de consommation durables sur un large spectre de secteurs d’activité, mais aussi le projet d’éco-villages, projet phare du PNDES sont prévus, pour une mise en œuvre d’ici 2020.

 

Plan national de développement économique et social au Burkina Faso

 Les 7 et 8 décembre derniers, le gouvernement burkinabè organisait à Paris la « Conférence des partenaires » afin de mobiliser des ressources pour son Plan National de Développement Economique et Social (PNDES). De nombreux partenaires techniques et financiers du Burkina Faso dont la Banque mondiale, le Système des Nations Unies, l’Union Européenne et la Banque Ouest Africaine de Développement, mais aussi des investisseurs privés, des fonds souverains et des ONG étaient pLe Plan national de développement économique et social (PNDES) est un référentiel initié par le gouvernement burkinabè visant à consolider le développement durable du pays selon 3 axes stratégiques : la gouvernance économique, le développement du capital humain et la transformation structurelle de l’économie et du développement du secteur privé. Lors de la Conférence des partenaires, pour la mise en œuvre de cet ambitieux plan pour 2016-2020, des intentions de financement ont été annoncées à hauteur de 12,2 milliards d’euros (soit 150% du financement recherché), dont 800 millions d’euros par l’UE.résents.

 

Bobo-Dioulasso

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Lagazel

LAGAZEL a inauguré son 1er atelier de fabrication au Burkina Faso

 

Le 13 octobre dernier a eu lieu à Dédougou au Burkina Faso l'inauguration officielle du premier atelier de fabrication de lampes solaires à l'échelle industrielle en Afrique. Encouragés par le Ministre de l'Energie, des Mines et des Carrières et son Excellence Monsieur l'Ambassadeur de France au Burkina Faso, Arnaud et Maxence Chabanne ont fait visiter aux plus de 300 participants le modèle de fabrication locale des lampes solaires.

Le Président du Faso à New York

Le Président du Faso à New York pour prendre part à la 71e Assemblée générale de l’ONU

Publié le samedi 17 septembre 2016 | Présidence

 

Le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, se rendra à New York aux Etats-Unis d’Amérique, du 18 au 23 septembre 2016 pour prendre part à la 71e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui se tient sous le thème : « Les objectifs du développement durable, une impulsion universelle pour transformer notre monde ». A cette occasion, le Président Roch Marc Christian KABORE déclinera au cours du débat général, la position du Burkina Faso sur l’ensemble des préoccupations de l’heure.

Il participera à plusieurs rencontres de haut niveaux dont entre autres celle portant sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés et de migrants, et présidera celle portant sur « l’autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel ».

Le Président Roch Marc Christian KABORE prendra également part au 2e Forum des affaires USA-Afrique présidé par le Président Barack OBAMA et à celui relatif au leadership africain au cours duquel il lui sera décerné le Prix « Médaille d’honneur du leadership africain pour la paix et le développement ».

En marge des travaux de la 71e Assemblée générale de l’ONU, le Président Roch Marc Christian KABORE aura des entretiens avec le Secrétaire Général des Nations unies et de hautes personnalités du monde, des rencontres avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burkina Faso ainsi qu’une causerie avec les fonctionnaires internationaux burkinabè résidant aux Etats-Unis.

 

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

Commémoration du premier anniversaire du putsch manqué

le Président du Faso a observé la minute de silence

Publié le samedi 17 septembre 2016 | Présidence

 

Commémoration du premier anniversaire du putsch manqué : le Président du Faso a observé la minute de silence

Dans le cadre de la commémoration du premier anniversaire du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015, le gouvernement burkinabè a recommandé l’observation d’une minute de silence sur toute l’étendue du territoire national et dans toutes les représentations diplomatiques du Burkina Faso, le vendredi 16 septembre 2016 à 14h, en l’honneur des martyrs tombés lors de la résistance à ce putsch avorté. Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est conformé à cette recommandation.

 

Débout au niveau du perron de la Présidence du Faso et entouré des Conseillers, Directeurs, chefs de service et de l’ensemble du personnel civil et militaire, le chef de l’Etat a observé la minute de silence après l’exécution par la fanfare militaire, de la sonnerie aux morts.

En rappel, le gouvernement avait appelé au sens patriotique de tous et avait invité tous les Burkinabè à une grande mobilisation pour la réussite de cette commémoration qui rappelle la lutte victorieuse de « nos fils et filles tombés les armes à la main pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays ».

Déjà dans la matinée de ce 16 septembre 2016, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale se sont rendus au cimetière de Gounghin où ils ont déposé des gerbes de fleurs au carré des martyrs sur les tombes des victimes.

 

Gabriel SAMA

Le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso rend une visite de courtoisie à l'ambassade du Burkina à Paris.

Publié le samedi 10 septembre 2016 Agence de Presse LABOR

S’apprêtant à rejoindre son nouveau poste à Ouagadougou, le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier LAPEYRE de CABANES a effectué une visite de courtoisie à l’ambassade du Burkina Faso à Paris, le 6 septembre 2016.Une démarche inhabituelle, en signe de premier contact.

Le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso serait-il entrain d’inaugurer une nouvelle approche? Alors que les services du protocole de l’ambassade du Burkina s’attendent à accueillir un visiteur descendant d’un véhicule, dans leur dos, quelqu’un sonne à la porte. Venu à Pied, c’est l’hôte qu’ils attendaient. Un ambassadeur de France désigné, au 159, boulevard Haussmann de Paris, cela constitue une première que ne manqueront pas de relever les anciens de la maison.

 

N’eût été son expérience précédente à Chypre, à Djibouti, au Brésil et en Bulgarie, la fringante apparence du nouvel ambassadeur, âgé de 53 ans, le ferait passer pour un jeune premier dans le milieu diplomatique.

 

En route pour le Faso, Xavier LAPEYRE de CABANES est venu demander le chemin à l’ambassade du Burkina Faso en France. « C’est mon premier contact physique avec votre pays, où je vais partir en mission dans une quinzaine de jours à peu près. Pour moi, c’est un moment très important de prise de contact, avant d’engager cette mission, je ne dirais pas difficile, mais de responsabilité » dira le nouvel ambassadeur à sa sortie d’entretien.

 

Il a traduit au chargé d’Affaires de l’ambassade du Burkina Faso à Paris, Mamadou Sangaré, toute son admiration pour le dynamisme de la société civile burkinabè, qui a été exprimé en 2014, lors de l’insurrection des 30 et 31 octobre, et en septembre 2015, face au coup de force du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), qui avait voulu remettre en cause la transition politique en cours à l’époque.

 

Arrivant dans un contexte beaucoup moins agité que celui vécu par son prédécesseur, Xavier LAPEYRE de CABANES, espère ne pas vivre les mêmes soubresauts, « même si c’est exaltant et passionnant, professionnellement » tout en souhaitant que le pays continue à avoir un développement pacifique. » Je crois que les bases sont bonnes, surtout après une transition politique exemplaire », conclut sur ce point le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso.

 

A son hôte du jour, le chargé d’Affaires Mamadou Sangaré a fait un tour d’horizon des relations entre Paris et Ouagadougou, vues des bords du Kadiogo, et rappelé à quel point le Président Roch Marc Christian Kaboré apportait un grand soin à leur consolidation.

 

Précédemment en poste à Sofia en Bulgarie, Xavier LAPEYRE de CABANES souhaite s’atteler à asseoir une relation diplomatique dépouillée de tout complexe « colonial ou colonialiste », a-t-il affirmé au cours de l’entretien avec le chargé d’Affaires. « Je suis moi-même de la période d’après indépendance », souligne-t-il.

 

Au nouvel ambassadeur, Mamadou Sangaré a remis son passeport et celui de son épouse, estampillés d’un visa de courtoisie. La route de Ouagadougou lui est ouverte.

 

Pour une première, ce déplacement à l’ambassade va-t-il signifier une touche particulière pour le nouveau diplomate? « Attendons de voir, que je m’installe. Les choses se mettront en place progressivement ».

 

Comme il est venu, il est reparti. A pied. Pour rejoindre un parking de vélos. « C’est plus rapide à vélo », dira-t-il. Et quand le feu passe au vert, d’un coup de pédale alerte, notre diplomate indique qu’il est bon pied.

 

Au pays des Hommes Intègres, du vélo, il aura tout le loisir d’en faire, surtout qu’il envisage rapidement faire le tour du Faso, pour rencontrer ses hommes et ses femmes.

 

A. BAMBARA, A. BAGHNYAN, AmbabfPAris

Aminata kaboré : Profession, jardinière

mercredi 14 septembre 2016 article le Faso Net.

 

Premières à se lever, dernières à se coucher, la vie de certaines femmes, rurales ou urbaines est un combat au quotidien. Aminata Kaboré, jardinière de profession à Ouagadougou est de ces ‘’amazones’’ qui dans le silence tiennent honorablement leur rôle dans leur famille. A 57 ans, elle arrose, désherbe depuis plus de 30 ans pour participer à l’économie de la cellule familiale. Nous l’avons rencontrée, elle nous parle de sa vie ‘’singulière’’, mais qui mérite ‘’aussi’’ d’être connue.

 

Animée d’un dynamisme dont elle seule a le secret, Aminata Kaboré est une femme battante qui fait vivre sa famille grâce à son métier de jardinière qu’elle mène depuis plus de 30 ans. C’est dans son petit jardin situé non loin du barrage de Tanghin que nous l’avons rencontrée. Foulard sur la tête, un haut motif panthère moulant le bus et un pagne noué autour de la hanche. Rien ne laissait transparaître son côté jardinière.

 

Agée de 57 ans, la vieille Kaboré a un visage plein de rides illustrant la difficulté de la vie qu’elle mène pourtant avec courage. Elle s’affaire à ses travaux de jardinage. Un terrain qu’elle exploite sans aucun droit. Sourire aux lèvres, elle nous raconte son histoire avec le jardinage. L’aventure a commencé lorsque son premier fils âgé aujourd’hui de 34 n’était qu’un bébé.

 

« Je fait partie des premières personnes à occuper ces lieux. Avant je cultivais les carottes et les choux. Dieu merci tout se passait très bien jusqu’au jour où des voleurs ont commencé à entrer dans mon jardin. Ils n’hésitaient pas à arracher mes plantes. Depuis ce triste épisode, je me consacre maintenant à la culture de la laitue, des menthes et des feuilles (Boromborou en langue mooré) », a-t-elle confié.

 

Depuis, la vie de cette femme est un combat au quotidien avec la volonté de gagner dignement sa vie et s’occuper de ses enfants. Elle commence sa journée à 6 heures du matin, parfois avant. Or, le gain est minime par rapport au temps consacré, mais ce qu’elle gagne en remuant la terre lui permet d’acquérir une certaine autonomie financière dans la cellule familiale. « Il y’a des jours où je peux avoir 15.000F CFA et d’autres jours 7000 ou 5000 FCFA », a-t-elle laissé entendre.

 

Des difficultés, il n’en manque pas

 

L’activité de dame Kaboré requiert beaucoup d’attention et de patience. Et cela, elle en a pleinement conscience. « Chaque matin, mon travail consiste à arroser les plantes et à arracher les mauvaises herbes afin d’avoir un produit fini de qualité. Je consacre entièrement ma journée à cela », raconte-t-elle. Aussi, c’est un métier parsemé de risques. A cet effet, elle ne manque pas de nous confier une de ses mésaventures. « Cette année j’ai failli perdre la vie dans un puits. C’est en voulant puiser de l’eau et je me suis retrouvée dans le puits. Dieu merci le pire a été évité de justesse », se rappelle-t-elle avec émotion.

 

De même, la pluviométrie abondante de cette année n’est pas pour arranger l’activité des jardiniers. Lorsqu’il pleut, l’eau envahit l’espace, détruisant les plantes fragiles et poussant les exploitants à recommencer.

 

Pour l’écoulement de ses produits, les clientes de notre jardinière affluent des marchés et Yaar de la ville de Ouagadougou. Cependant, faut-il le noter, son activité évolue au gré des saisons. Mme Kaboré n’a pas hésité à le faire savoir.

« Pendant la période de canicule, la demande est forte mais le problème d’eau se pose avec acuité », a-t-elle relevé.

 

Du matin au soir dans son jardin, avec ses muscles si frêles, Aminata Kaboré arrose ses plantes, faute de moyens modernes (motopompes) dont disposent certains de ses voisins. Travail très physique, notre cinquantenaire se plaint régulièrement de douleurs au dos, même étant rompue à la tâche.

 

Madame Kaboré est mère de cinq enfants. Pour supporter les autres charges de la famille, deux de ses filles travaillent dans des marchés. Elles y aident des commerçants à vendre des articles contre un salaire qui à peine arrive à satisfaire leurs propres besoins.

 

Dans cette dynamique donc, elle a lancé un cri de cœur à l’endroit des bonnes volontés. « Avec le poids de l’âge, je ne tiens plus sur mes deux jambes. Pourtant je dois travailler pour nourrir ma famille. Une aide sera la bienvenue », a-t-elle lancé avec émotion.

 

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net

 

Rentrée littéraire à Paris : une saison africaine

Par Gladys Marivat

LE MONDE Le 22.08.2016 à 13h30

 

Le cru 2016 est marqué par l’émergence de nouvelles voix. Dans cette rentrée littéraire qui s’annonce plus ouverte, avec moins de grands noms et moins de titres (seulement 559 nouveaux romans attendus entre mi-août et fin septembre), nous avons sélectionné quelques auteurs très attendus.

 

La révélation Ali Zamir

Repéré depuis plusieurs mois par de nombreux critiques et libraires, le Comorien Ali Zamir, 27 ans, signe avec Anguille sous roche (Le Tripode), l’un des premiers romans les plus remarqués de la rentrée. Avouons-le : les écrivains des Comores sont extrêmement rares et Zamir est sans doute le premier à susciter un tel enthousiasme. Dans ce roman qui n’est qu’une seule et unique phrase, une jeune femme, sur le point de se noyer dans l’océan Indien, retrace les amours et les désillusions qui ont forgé sa vie et nous emporte dans sa prose vertigineuse, sensuelle et révoltée. Preuve de l’attente qui entoure ce premier roman, l’ampleur de la mobilisation des médias quand, le 17 août, on apprenait que le visa pour la France d’Ali Zamir avait été refusé. L’AFP, France Info et France Culture, entre autres, ont rapidement diffusé l’information et, le soir même, le visa était délivré à l’auteur. Originaire de l’île d’Anjouan, l’écrivain doit arriver en France le 5 septembre pour deux mois. Son carnet d’interviews et de rencontres en librairie est bien rempli et il figure déjà dans la sélection de plusieurs prix littéraires, dont le prix du roman Fnac.

 

Autre premier roman très attendu, Petit pays (Grasset) de Gaël Faye. Le rappeur du groupe Milk Coffee and Sugar, connu pour ses collaborations avec Mulatu Astatke et Mamani Keïta, signe un premier roman largement inspiré de son enfance. Né en 1982 au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français, Gaël Faye est arrivé en France en 1995, au lendemain du déclenchement de la guerre civile.

 

Le phénomène Imbolo Mbue

 

En littérature étrangère, Voici venir les rêveurs (Belfond) d’Imbolo Mbue, également dans la sélection du prix du roman Fnac, cristallise aussi l’attention. L’annonce du premier roman de cette Camerounaise de Manhattan, âgée de 33 ans, a créé l’événement à la Foire du livre de Francfort en 2014, où s’était jouée une bataille entre les plus grands groupes éditoriaux. Au final, un million de dollars d’avance versé par l’éditeur américain Random House. Roman sur les tribulations d’une famille camerounaise qui cherche à vivre son rêve à New York, Voici venir les rêveurs paraît simultanément en France et aux Etats-Unis.

 

La surprise pourrait toutefois venir du Soudan avec Abdelaziz Baraka Sakin. Un écrivain de langue arabe, publié en Egypte et en Syrie, mais interdit dans son propre pays, qui vit aujourd’hui en Autriche, où il a obtenu l’asile politique. Le Messie du Darfour (Zulma), son premier roman traduit en français, raconte l’épopée d’Abderahman, une femme au nom d’homme, bientôt embarquée dans une histoire d’amitié et de vengeance sur fond de guerre du Darfour.

 

Retour de Leonora Miano et Nathacha Appanah

 

Outre les révélations, cette rentrée est également marquée par les romans d’auteurs confirmés. Ainsi de Chanson douce de la jeune écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, dont le premier roman, Dans le jardin de l’ogre (Gallimard, 2014) avait déjà rencontré un grand succès critique et public. Après le très beau En attendant demain (Gallimard, 2015), la Mauricienne Nathacha Appanah revient avec Tropique de la violence (Gallimard). A Mayotte, ce roman suit la dérive meurtrière d’un adolescent mahorais adopté par une infirmière originaire de l’Hexagone. Aussi, Leonora Miano signe avec Crépuscule du tourment (Grasset), un roman choral qui donne la parole à quatre femmes qui s’adressent successivement à un même homme. Situé dans un pays jamais nommé, le livre renoue avec le souffle des débuts de l’écrivaine camerounaise, révélée en 2005 avec L’Intérieur de la nuit (Plon).

 

C’est quoi un écrivain français ?

 

Le mois de septembre verra paraître un très grand livre, La Matière de l’absence (Seuil) du Martiniquais Patrick Chamoiseau, à la fois roman intime et somme intellectuelle retraçant le parcours de son auteur. Côté essai, Alain Mabanckou publie Le monde est mon langage (Grasset), recueil de rencontres du jeune professeur au Collège de France avec des auteurs qu’il admire (Dany Laferrière, Henri Lopès, Edouard Glissant, Sony Labou Tansi…) qui forme une manière de cartographie littéraire. Enfin, un essai qui devrait nous donner du grain à moudre, Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne (Fayard) de Kaoutar Harchi. La romancière et sociologue retrace le parcours de cinq écrivains algériens de langue française (Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal) pour proposer une réflexion inédite et percutante sur la reconnaissance littéraire jamais pleine et entière dont ils ont fait l’objet. Avec, en creux, une question brûlante : c’est quoi un écrivain français ?

 

Cet article est un épisode de la série d’été du "Monde Afrique"

Une main se lève au milieu de la classe.

« Madame, quand on a nos règles, est-ce qu’on a le droit de boire du bolo [bière traditionnelle à base de sorgho] ? », demande incrédule une élève de CM2. «Est-on seulement supposée boire du bolo à ton âge ? rétorque l’institutrice, Djamila Dayamba, mains sur les hanches. Enfin, si tes parents t’en donnent un petit peu », ajoute-t-elle, le regard complice. Les camarades éclatent d’un rire libéré.

 

Aujourd’hui, il n’y a que des filles en classe.

Ce mardi de mai est un jour un peu spécial pour les élèves de l’école primaire Wayalghin D de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Les garçons ont été priés de rester chez eux pour que les écolières puissent discuter entre elles de menstruations et d’éducation sexuelle. C’est la première étape d’un projet pilote lancé par le ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, en collaboration avec l’Unicef. L’objectif est de fournir aux écoles des outils pour améliorer la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) afin que les filles puissent rester à l’école pendant toute la durée de leurs règles.

 

Déscolarisation

«Les menstrues présentent un risque de déscolarisation non négligeable, avance Djamila Dayamba, institutrice à Fada N’Gourma, venue aujourd’hui à Ouagadougou sensibiliser aux questions de santé reproductive. Il est ressorti d’une étude de l’Unicef que les filles abandonnaient quelques jours l’école lors de leurs règles. A cause des douleurs et de la honte. C’est parce qu’elles ne savent pas ce qui leur arrive. Leurs vêtements se tachent de sang en classe, parfois les camarades se moquent d’elles, alors elles fuient.»

 

Djamila et quelques membres de l’Unicef sont venus avec une brochure de quinze pages qu’ils souhaitent présenter aux filles de l’école avant d’en lancer la distribution dans tous les établissements scolaires du Burkina Faso. Des dessins montrent une adolescente durant sa toilette quotidienne, un schéma de l’appareil génital féminin explique les menstrues et un patron permet de se fabriquer des serviettes hygiéniques artisanales découpées dans des pagnes. «Nous voulons montrer aux élèves qu’elles peuvent utiliser des ressources simples, à disposition de toutes, sans nécessairement acheter de matériel coûteux», explique Victoria Trinies, consultante pour le projet GHM chez Unicef.

 

A la fin de la brochure, les élèves doivent répondre à un questionnaire pour vérifier leurs connaissances: «Les filles peuvent-elles continuer leurs activités habituelles pendant leurs règles?», «Peut-on attraper une maladie comme le VIH si l’on a un rapport sexuel non protégé?».

 

Djamila explique:

« Nous avons constaté que certaines élèves connaissaient déjà schématiquement le fonctionnement des règles mais ignoraient souvent tout de la puberté. Elles ne font pas le lien entre menstrues et grossesse. C’est pour cela qu’on leur apprend les bases. Car, au Burkina, l’éducation sexuelle n’est pas très développée. C’est un sujet tabou. Les mères ont honte d’en parler et, à l’école, son enseignement est laissé à la volonté des instituteurs qui prennent rarement le temps. Avec ces outils pédagogiques, nous voulons leur donner un appui. »

 

Talents pédagogiques

En plus de la brochure à l’attention des filles, les outils comprennent des affiches s’adressant aux garçons pour qu’ils cessent de se moquer de leurs camarades pendant la période des règles. Un guide pour sensibiliser les parents et un autre pour que les écoles adaptent leurs règlements et leurs infrastructures aux besoins hygiéniques des filles.

 

« Notre objectif est qu’elles puissent en parler avec leurs camarades et que l’information circule entre elles, explique Djamila. Vu les réactions de ce matin, je pense qu’elles ont appris des choses. Elles ont posé de très bonnes questions. » Dont certaines ont nécessité les talents pédagogiques et synthétiques de Djamila, comme celle-ci : « Pourquoi les règles s’arrêtent quand une femme est enceinte ? » Réponse de l’intéressée :

 

« Les menstrues montrent que tes organes de reproduction marchent bien. Tu sais, chaque femme a deux ovaires. Et chaque mois, un œuf en sort et descend dans les trompes. Là, l’œuf de l’homme entre dans la femme et rencontre l’œuf de la femme qui prépare l’enfant, le fait grandir dans son ventre. Mais s’il n’y a pas l’œuf de l’homme, le sang qui devait préparer l’enfant ne sert à rien. Il est périmé et doit sortir. C’est ce phénomène que l’on appelle les règles. »

 

Gageons qu’avec de telles explications, la bonne parole se propagera rapidement dans toutes les écoles du Burkina Faso.

 

 

Au Burkina, pas de repos pour le médecin qui reconstruit les femmes  mutilées

Par Matteo Maillard (Ouagadougou, envoyé spécial

LE MONDE Le 23.08.2016 à 10h03 • Mis à jour le 23.08.2016 à 10h22

 

Officiellement, le docteur Akotionga est à la retraite. Pourtant, la salle d’attente de sa clinique ne désemplit pas. C’est qu’il troque régulièrement son costume de vice-président du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision contre sa blouse de chirurgien. Aujourd’hui, Michel Akotionga rentre tout juste d’une conférence à Vancouver, au Canada, et prépare déjà son discours pour la suivante, à Montpellier, où il est invité comme l’un des plus grands spécialistes de la reconstruction vulvaire. Le plus infatigable à n’en pas douter.

 

Le septuagénaire se lève, svelte et sémillant. Blouse immaculée, calot bleu hôpital sur la tête, « bienvenue dans ma clinique », lance-t-il. Nous sommes au cœur d’une cité nouvelle du centre-ville de Ouagadougou, la capitale burkinabée. Aux murs, les céramiques sont encore neuves. « Je l’ai ouverte en 2012, juste après avoir pris ma retraite du centre hospitalier universitaire où j’exerçais depuis 1989 en tant que gynécologue », explique-t-il. Salle de consultation, bloc opératoire, salle de réveil, quatre chambres et un matériel moderne. « Ici, j’ai tout ce qu’il faut pour réparer les femmes mutilées par l’excision. »

 

Plus d’anesthésie générale

Avec l’aide de ses infirmières et de ses aides soignants, il procède à des restaurations clitoridiennes et à des vulvoplasties sur une cinquantaine de patientes chaque année. « Quand j’ai débuté, c’était plutôt une centaine par année, heureusement la pratique est en déclin. » Selon une étude conjointe de l’Unicef et du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la prévalence de l’excision au Burkina Faso est passée de 49,5 % en 2006 à 31,4 % en 2015. Un progrès notable auquel le docteur Akotionga a ajouté son coup de bistouri. Tous les mercredis, il opère gratuitement quatre femmes excisées. Une partie du coût des opérations est prise en charge par l’Unicef et l’UNFPA, à hauteur de 7 500 francs CFA (11 euros) par intervention.

 

« Quand je me suis spécialisé à Angers, en 1989, j’ai constaté que beaucoup de femmes étaient en consultation pour mutilation, mais que peu accédaient à la vulvoplastie, se souvient-il. Cela était dû au coût lié à une anesthésie générale. Je me suis dit, si on arrive à circoncire les garçons sous anesthésie locale, pourquoi ne pas réparer ces femmes de la même manière. » Après un premier essai satisfaisant, il développe sa méthode et la diffuse dans les universités et les centres de soins du Burkina. Aujourd’hui, il peut compter environ 400 agents de santé formés par ses soins.

 

Enfant déjà, « je voulais y remédier »

Né à Pô, dans le sud du pays, le docteur Akotionga est entré en médecine comme en religion. « Jeune, je voulais être prêtre », lâche-t-il. Mais les cris de ses sœurs et des filles du village décidèrent de sa vocation. « Les excisions se passaient sous le grand jujubier du village. Garçons, on nous chassait, mais comme nous étions curieux, nous nous cachions dans les fourrés pour comprendre l’origine de ces hurlements et ces pleurs. L’exciseur installait les filles par terre, d’autres hommes leur maintenaient les membres. Elles se débattaient. Les regarder me faisait peur. On savait qu’il coupait les filles. Je voulais y remédier. »

 

Pris en affection par un couple de colons français, il est le seul membre de sa famille à suivre une scolarité. Etudiant brillant, il se rend en France, à l’université de médecine d’Angers, pour se spécialiser en gynécologie. « J’aurais pu m’y installer mais une visite à Paris m’en a découragé, confie-t-il. Je marchais dans les rues et tout le monde courait. Alors, sans savoir pourquoi, je me suis mis à courir aussi, sans raison ni direction. Cette ville rend fou ! En France, c’est trop bousculé. Nous, on aime vivre et causer. Vous, vous n’avez pas le temps. » Il retourne donc au Burkina Faso, et réussit à mettre à profit son expérience en anatomie de l’appareil génital féminin : vulvoplastie, traitement des kystes et restauration clitoridienne.

 

Une expertise qu’il aurait aimé ne pas avoir à développer : « L’excision est une coutume atroce dont il faut se débarrasser. » Bien qu’interdite par la loi, la pratique traditionnelle est encore en vigueur dans de nombreuses provinces.

 

« L’argument traditionaliste ne tient pas. Nous nous sommes déjà défaits d’autres traditions moins dangereuses. Avant, pour se distinguer, les 60 ethnies du Burkina Faso se scarifiaient le visage. Plus personne ne le fait aujourd’hui. Les gens se limaient les dents en pointe pour ressembler aux félins. Une tradition abandonnée elle aussi. Pourquoi garder l’excision ? Une coutume qui rend malade ou tue n’est pas une bonne coutume. »

 

Aujourd’hui, dans son cabinet, le docteur Akotionga reçoit Aissata*, 30 ans. Elle est venue pour qu’il lui rende le droit au plaisir qu’on lui avait confisqué enfant. Il lui faudra quarante-cinq minutes pour reconstruire son clitoris.

Burkina : depuis juin, les intempéries ont fait  au moins 12 morts et 26.000 sinistrés

11 août 2016 à 21h35 — Mis à jour le 12 août 2016 à 08h48

Au moins douze personnes sont mortes et plus de 26 000 ont été déclarées sinistrées jeudi au Burkina Faso, à cause de vents violents et d'inondations provoqués par des pluies diluviennes depuis juin. Le bilan des récentes inondations qui ont touché Ouagadougou et ses environs est lourd.

 

Depuis « juin nous avons commencé à enregistrer des situations de catastrophes notamment des inondations, des vents violents qui ont occasionné au moins douze morts, 35 blessés graves et plus de 26 000 sinistrés », a déclaré jeudi 11 août le secrétaire permanent du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation, Yipenè Florent Bakouan.

 

Les victimes sont mortes par noyade ou dans l’effondrement de leurs habitats. Dans la capitale burkinabé, « deux personnes ont été emportées par les eaux », tandis que quatre autres sont mortes emportées par les eaux ou à cause de l’effondrement de leurs maisons, à Namissiguima dans le nord, a-t-il précisé.

 

Dans les banlieues et bidonvilles de Ouagadougou, 9 942 personnes ont été déclarées sinistrées et deux milliers d’entre elles ont été relogées dans des écoles, a-t-il indiqué.

 

Pluviométrie excédentaire

 

« Nous avons aussi dénombré 2 577 maisons endommagées, près de 100 tonnes de céréales ont été perdues, 237 greniers ont été détruits, plus de 123 ovins, caprins ont été tués et plus de 630 volailles sont également mortes », a ajouté Yipenè Florent Bakouan.

 

« Nous redoutons que la situation des intempéries empire parce que la météo nous dit que cette année, nous aurons une situation pluviométrique à tendance excédentaire à anormale dans la plupart des régions », a-t-il indiqué.

Quand le Burkina Faso voulait éclairer le Sahel

Avec l'inauguration de la centrale de Zagtouli, un méga-projet de 33 mégawatts de puissance, le pays accélère son programme d'électrification par le mix énergétique.

La centrale dans le village de Zagtouli, près de la capitale Ouagadougou, nécessitera la pose de 129 600 panneaux solaires.

Par Joyce Edimo

 

Au total, le Burkina Faso compte injecter dans les cinq prochaines années une centaine de mégawatts d'énergie solaire dans son réseau électrique, soit la moitié de ce qu'il produit actuellement (environ 200 MW). Objectif : renforcer l'autonomie du Burkina Faso dans le secteur de l'énergie.Renforcer le mix énergétique avec des énergies renouvelables

 

« L'un des obstacles à la compétitivité de notre économie, c'est le coût de l'énergie. Nous avons le coût du kilowattheure le plus élevé de tous les pays de l'UEMOA. Ce qui décourage les investissements chez nous parce que l'énergie coûte trop cher. Pour cette centrale solaire, le coût du kilowattheure va varier entre 30 et 40 francs CFA. Aujourd'hui, l'électricité produite avec les énergies fossiles, le coût du KW est de 140 francs CFA. Ce qui constitue un gros handicap en termes de compétitivité pour l'économie burkinabè », a affiché le Premier ministre Paul Kaba Thiéba dans son discours d'inauguration. Dans ce pays sahélien, la capacité électrique est de 177 MW pour une demande moyenne de 220 MW, ce qui entraîne une importation de 46 % de l'énergie consommée sur le territoire. Mais ce manque d'offre énergétique est aussi un frein au développement économique du pays.

 

La centrale dans le village de Zagtouli, près de la capitale Ouagadougou nécessitera la pose de 129 600 panneaux solaires étalés sur une superficie totale de 60 hectares. Elle sera la plus grande jamais construite dans le Sahel, selon les autorités burkinabè. Pour un coût total de 31 milliards de francs CFA. Le ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières Alpha Oumar Dissa a annoncé que « la centrale solaire de Zagtouli ouvre la voie au développement des énergies renouvelables au Burkina Faso qui est un des engagements pris lors de la COP 21 à Paris ». Les autorités ont le double objectif de permettre de diversifier l'offre énergétique avec les énergies renouvelables et de réduire l'écart entre l'offre et la demande, et en ramenant le coût moyen du kilowattheure à des proportions raisonnables. Le financement est assuré par deux partenaires que sont l'Union européenne, sous forme de don, pour un montant de 25 millions d'euros, et l'Agence française de développement (AFD), sous forme de prêt pour un montant de 22,5 millions d'euros. À terme, cette centrale permettra d'injecter environ 56 GWh par an dans le réseau électrique national de la Sonabel, ce qui représente environ 5 % de la consommation globale du pays.

 

 

Gestion du Ministère de l'Education nationale et de l'Alphobétisation : Le SYNAPAGER interpelle le ministre.

vendredi 16 septembre 2016

Par cette lettre ouverte, le Syndicat national des Personnels d’Administration et de Gestion de l’Education et de la Recherche (SYNAPAGER) attire l’attention de l’opinion nationale sur les problèmes de tout ordre qui minent le Ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (MENA).

Si, faire du jeune burkinabè un citoyen responsable, productif et créateur est la finalité principale de notre système éducatif, force est de constater que la crise profonde que traverse le MENA n’augure pas un système éducatif efficace, efficient et durable.
En effet, Monsieur le ministre premier responsable du noble département en charge de l’éducation nationale, première personnalité à qui incombe le pilotage de la machine, des prémices d’un échec douloureux, nous obligent en tant que partenaire soucieux de l’intérêt général, d’attirer votre attention pour un nécessaire recadrage urgent de certaines de vos orientations, à ce tournant décisif de notre système éducatif.

Nous n’avons nullement la prétention de nous prononcer sur tous les contours de cette mutation. Nous nous contenterons dans le cadre de cet écrit, de relever ce que nous estimons être des insuffisances dans notre domaine de compétence (L’ADMINISTRATION ET LA GESTION), et ce pourquoi nous avons été formé, sans égoïsme corporatiste : l’organisation et la gestion du système éducatif de notre pays. Si nous nous taisons, au regard de la gravité de la situation, nous serons en tant que partenaire social du département en charge de l’éducation nationale, comptable devant le tribunal de l’histoire de notre système éducatif.

Monsieur le ministre, le rattachement des trois ordres d’enseignement (préscolaire, primaire et du post primaire) consacré par la loi 013-2007/AN du 30 juillet 2007 portant loi d’orientation de l’éducation non « consommée » est venue s’ajouter celui du secondaire suite à l’avènement d’une nouvelle classe dirigeante dans notre pays.

Cependant, la mise en œuvre de ces changements quoique salutaire au regard de la cohérence recherchée pour notre système éducatif qui les fonde, devait être précédée, pour plus de pertinence, d’un cadre règlementaire et d’un univers institutionnel conséquemment élaborés et suffisamment vulgarisés à cet effet. Pour preuve depuis votre prise de fonction en date du lundi 18 janvier 2016, aucun dialogue inclusif ou des échanges directs entre les acteurs.
Si la mise en œuvre de l’organigramme du ministère adopté par décret n°2016-435/PRES/PM/MENA est en passe d’être une réalité, il reste que les organigrammes des structures centrales et déconcentrées, chevilles ouvrières de la mise en œuvre des politiques éducatives à la base, sont toujours à l’étape de projet. Et déjà, les directeurs techniques et les directeurs régionaux ont été nommés et installés dans leur fonction sans que l’on ne sache leurs attributions. Comme à l’accoutumée au MENA, les charrues sont mises avant les bœufs. Et bonjour les plaintes !

Monsieur le ministre, le rôle et la responsabilité d’ailleurs non clarifiés des acteurs chargés de la mise en œuvre de ces politiques, ne sont pas de nature à favoriser un esprit de travail empreint de concorde et de collégialité, facteur déterminant dans toute entreprise qui se veut féconde et productive. Les conflits de compétences et autres (de toutes natures), jadis réels de part et d’autres ont également été fusionnés. Les emplois et les corporations diverses ont apporté avec eux leurs préoccupations et avantages spécifiques et divers.

À cette situation déjà délétère conjuguée au vide juridique dans l’organisation des emplois spécifiques du MENA entraîné par l’adoption de la loi 081-2015/CNT portant statut général de la fonction publique d’Etat, si des erreurs de management venaient s’adjoindre, nous sommes convaincus que l’essentiel de votre temps sera consacré à la gestion des crises. Pour nous, spécifiques de l’Education, si d’ici là rien n’est fait pour réorienter le navire, le MENA sera un boulevard de crises jamais connues depuis son existence. Et l’incivisme, jusque-là circonscrit à l’univers des apprenants, pourraient gangrener tout le département : conflits divers entre acteurs, favoritisme, absentéisme, mauvais résultats, grèves, division entre acteurs. Dès lors il ne restera plus qu’à chanter le requiem de l’éducation.

A titre illustratif, faute de référentiel d’appréciation idoine, nous nous expliquons mal la logique qui a prévalu dans les récentes nominations dans votre département (sur 13 DRENA aucun personnel d’administration et de gestion (PAG), sur les 45 DPENA 04 PAG) : est-ce une logique de récompense politique, une logique de classification catégorielle, ou simplement une logique de peur ?

Le MENA a la chance d’avoir en son sein des pédagogues, des administrateurs et des financiers pour la bonne marche des structures éducatives. Ces cadres ne seront utiles et efficaces si et seulement si, ils sont nommés aux postes qui conviennent à leur profil.

Monsieur le Ministre, sachez que si c’est la récompense politique qui a prévalu, un secteur social de premier ordre comme l’éducation, ne saurait s’accommoder à une telle logique car elle tuerait l’esprit de sacrifice, de travail d’équipe, et de respect mutuel entre autres, gage d’une éducation par l’exemple. Le plus petit service de votre département sera alors politisé. Et même la gestion de la cantine scolaire ou du forage de l’école ne pourront échapper à cette politisation.

Par ailleurs, si c’est la logique de la classification catégorielle qui a été privilégiée au détriment des profils requis, cela est encore plus grave. Sinon, tous les ministres devraient relever de la catégorie P. Du reste, au-delà des catégories, des emplois et du pouvoir discrétionnaire dont dispose l’autorité dans le cadre des nominations, le SYNAPAGER estime que c’est l’intérêt général de la nation qui doit prévaloir.

Enfin, si c’est la logique de la peur qui a dicté cette démarche, ce ne serait pas non plus moins grave, car c’est finir de nous convaincre que le département est devenu une jungle où la règle de droit, la justice et l’équité n’ont plus droit de cité. C’est le lieu pour nous de revendiquer encore l’adoption illico presto des décrets d’application de la loi 081 afin de recadrer les emplois du MENA pour sauver une éducation en déliquescence.

Monsieur le ministre, le tableau de notre système éducatif est déjà très sombre. Nous n’avons pas besoin de le noircir davantage. Et pour éviter d’en arriver là, le SYNAPAGER recommande :
  la dépolitisation de l’administration éducative dans un contexte qui exige « la réforme des institutions, la modernisation de l’Administration pour plus de justice sociale, de démocratie, de liberté et la lutte contre les inégalités et la corruption » conformément au premier pilier des priorités présidentielles 2016 ; foi de Son Excellence Paul Kaba THIEBA lors de son discours de politique générale. Ce changement ne peut s’opérer en faisant des nominations politiciennes et non techniciennes ;

  la relecture et la diffusion des textes règlementaires relatifs à l’organisation et au fonctionnement du cadre institutionnel (les organigrammes des différentes structures) ;

  la relecture pertinente des attributions des uns et des autres en tenant compte des profils et des contenus des formations reçues dans les structures de formation professionnelle respectives. Vous respecterez et valoriserez ainsi chacune des composantes des emplois du département, et placerez alors l’Homme qu’il faut à la place qu’il faut : les administratifs et les gestionnaires à l’administration et à la gestion, les informaticiens et techniciens divers à leurs postes respectifs, les chauffeurs et les gardiens respectivement à la conduite et à la sécurité. Chacun fera ainsi ce qu’il sait faire le mieux et sera au poste qu’il a délibérément choisi d’occuper en optant pour un emploi donné. C’est inéluctablement à ce prix que vous parviendrez à galvaniser la troupe autour de l’idéal commun de l’Education pour Tous.

  la relecture et l’application des textes règlementaires relatifs à la description des postes de travail pour une meilleure gestion des ressources humaines ;

  la tenue effective des différentes conférences et sessions de formation annuelles de l’ensemble des acteurs du système éducatif. Car ces uniques sessions sont de véritables moments d’échanges directs, de partage de connaissance et de formation continue des travailleurs qui doivent obligatoirement être permanemment outillés en fonction de l’évolution technologique et pédagogique de l’ère mais surtout en lien avec les orientations budgétaires du pays en général et des innovations majeures du ministère en particulier.

Enfin, au regard de la profondeur de la crise, il serait impératif d’organiser les états généraux de l’éducation dans un bref délai regroupant tous les acteurs du système éducatif. Cette forme d’approche et de dialogue apparaît incontournable pour l’atteinte des objectifs assignés à la fusion des différents ordres d’enseignement, notamment la cohérence de notre système éducatif pour la formation d’un burkinabè « responsable, productif et créateur ».

Nous demeurons convaincus, monsieur le Ministre, qu’avec votre sens élevé de responsabilité et de discernement, vous saurez déployer les moyens nécessaires pour une année scolaire paisible.
Bonne rentrée administrative et pédagogique à toutes et à tous !
Fait à Ouagadougou le 15 septembre 2016
Pour le Bureau exécutif national, le Secrétaire général

Pas de grande affluence le jour du vote

L'Alliance pour la démocratie et la fédération/rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), alliée du CDP du temps de sa toute-puissance s'est littéralement effondrée en remportant seulement 317 conseillers, devancée par le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD), proche de la majorité actuelle qui a eu 605 sièges et de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA), 453 sièges, de l'ex chef de la diplomatie de Compaoré, Djibrill Bassolé, actuellement en prison. Le taux de participation se situe à 47,65 %, le plus faible jamais enregistré depuis l'organisation de scrutins municipaux au Burkina Faso. Au total, 5,5 millions de Burkinabè étaient appelés aux urnes dimanche pour élire près de 20 000 conseillers municipaux à repartir dans les 368 communes urbaines et rurales que compte ce pays d'Afrique de l'Ouest.

 

Quelque cinq millions et demi d'électeurs étaient appelés aux urnes, dimanche 22 mai, pour ces élections municipales. Ce scrutin était destiné à clore définitivement la transition ouverte après la chute du président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir le 31 octobre 2014 par la rue après 27 ans de règne. Au total, trois communes rurales représentant moins de 1 % des communes et groupant quelques 20 000 électeurs n'ont pu voter à cause de violences politiques et du saccage du matériel électoral des commissions électorales locales.

 

C'est d'une courte victoire que le parti du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a remporté les élections municipales organisées dimanche au Burkina Faso, selon des résultats provisoires globaux publiés mercredi soir.

 

Victoire dans les grandes villes

Les résultats définitifs seront prononcés par le Conseil d'État après la période de contentieux ouverte pour une semaine. Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, le parti présidentiel) a obtenu 11 167 conseillers élus sur 19 222 postes à pourvoir, arrivant loin devant l'Union pour le progrès et le changement (UPC) qui a remporté 3 051 sièges de conseillers, a proclamé la Commission électorale nationale indépendante (CENI). « Les résultats de mon parti sont satisfaisants pour moi, même si dans l'ensemble il faut reconnaître que le taux de participation des électeurs est moindre. On remarque néanmoins que les suffrages exprimés viennent confirmer les tendances qui se sont dessinées à l'issue des élections couplées, présidentielle et législatives. Il n'y a pas eu de changements significatifs, les communes seront dans la plupart des cas gérées par les partis arrivés en tête aux élections législatives », a déclaré le représentant du MPP, Joseph Dipama. Le parti fondé en janvier 2014 par le président Kaboré a gagné la quasi-totalité des grandes villes du Burkina et dirigera ainsi les mairies de Ouagadougou, Bobo Dioulasso (deuxième ville du pays), Banfora et Koudougou (Ouest), Ouahigouya (Nord), Fada N'Gourma (est), Gaoua (sud-ouest). Seule la ville de Dori, chef-lieu de la région du Sahel à la frontière entre le Niger et le Mali, est susceptible de lui échapper.

 

Net recul de l'ancien parti de Blaise Compaoré

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) du président déchu Blaise Compaoré arrive loin derrière en troisième position avec quelques 2 134 postes de conseillers municipaux. Le CDP avait régné pendant vingt ans sur la quasi-totalité des conseils municipaux depuis la communalisation du Burkina Faso en 1995. De nombreux observateurs pariaient sur un score plus honorable du CDP dont le gros de l'électorat est basé dans les zones rurales. L'UPC conserve donc son rang de principal parti d'opposition, après la deuxième place occupée par son président Zéphirin Diabré lors de l'élection présidentielle de novembre.

 

Visite en France du Président Roch Marc Christian Kaboré

Le mardi 5 avril 2016, à 9h30, le Président de la République française, M. François Hollande, a reçu le Président du Faso, M. Roch Marc Christian Kaboré, au palais de l’Elysée. Le Président français a acueilli son homologue sur le perron de l’Elysée. Après une séance de travail chaleureuse et constructive, les deux Présidents ont donné une conférence de presse conjointe. Ensuite, ils ont assisté à la signature d’une convention de prêt entre l’AFD et l’ONEA (20 milliards de FCFA). Enfin, le Président Hollande a raccompagné le Président Kaboré.

 

Elections des représentants municipaux au BF

En ce début 2016, les élections des représentants municipaux vont se dérouler pour pallier à l’absence totale d’administration dans les villages depuis la révolution qui a abouti au départ de Blaise Compaoré.

 

 

Source Le Faso Net

dimanche 3 avril 2016

Le 6 avril 2016, cela fera 100 jours que le Président du Faso est à la tête du pays. Comme au lancement de sa campagne, c’est Bobo-Dioulasso, capitale économique du Burkina que le Président Roch Kaboré a choisie pour jeter un regard sur ses 100 premiers jours à la tête de la plus haute institution du pays. Cent jours, c’est « certes peu » dans un mandat de cinq ans pour faire un bilan mais, c’est aussi le temps imparti pour prendre le pool de la gouvernance sur la base du programme pour lequel il a été élu. Pendant 1h20 environ, dans la « salle bleue Madou Koné », le Président du Faso s’est soumis à l’exercice à travers trois grands volets. Il s’agit de la vie nationale, de l’actualité sous-régionale et, enfin, du volet international.

 

samedi 2 avril 2016

Son Excellence, Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, Président du Burkina Faso, effectuera sa première visite d’État à Paris, du 5 au 7 avril, sur invitation de son homologue français, Monsieur le Président de la République François Hollande.

M. Kabore a été élu dès le premier tour de la présidentielle du 29 novembre 2015 avec 53,63 % des suffrages. Salué unanimement par la communauté internationale, ce scrutin a mis fin à douze mois de transition politique suite à l’insurrection populaire d’octobre 2014.

 

mercredi 30 mars 2016

Les délégués des partis politiques commis à la surveillance des élections municipales du 22 mai prochain ont bénéficié d’une session de formation. C’est une initiative du NDI (National democratic institute), en collaboration avec l’ambassade du Danemark au Burkina Faso.

 

vendredi 1er avril 2016

Le ministre de la santé, Smaïla Ouédraogo a annoncé au cours d’un point de presse que les enfants dont l’âge est compris entre 0 à 5 ans, et la femme enceinte vivant avec une fistule obstétricale ainsi que celles âgées d’au moins 20 ans auront droit à une couverture gratuite de soins de santé. C’était dans la soirée du 31 mars 2016, dans l’enceinte dudit ministère.

 

Sont concernées par ces mesures, les enfants entre 0 et 5 ans ; les femmes enceintes ; la femme vivant avec une fistule obstétricale et les femmes âgées d’au moins 20 ans. Et M. Ouédraogo de cibler un certain nombre de maladies qui constituent plus de 80% des causes de décès de la femme enceinte et de l’enfant de moins de 5 ans.

Les enfants de moins de 5 ans pourront bénéficier de la gratuité des consultations en cas de paludisme, diarrhées, malnutrition aigüe, crise d’asthme, drépanocytose… Pendant la grossesse, les femmes auront droit à la gratuité des soins prénatals et des soins curatifs essentiels disponibles dans les centres de santé contre les maladies survenues au cours de la grossesse (par exemple les infections urinaires, de la pneumonie). Les accouchements simples ou compliqués ; soins obstétricaux et néonatals d’urgence, les césariennes (…) sont aussi gratuites. Elles bénéficieront également d’une prise en charge gratuite du dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus et du sein chez les femmes âgées d’au moins 20 ans. En clair, il s’agira, à en croire le ministre de la Santé, de la prévention et du traitement in situ des lésions précancéreuses du col de l’utérus. Mais aussi de l’auto examen des seins et de l’examen systématique des seins de toute patiente admise dans les centre de santé, ce après le consentement de la patiente.

 

vendredi 1er avril 2016

C’est dans le village de Kougsin, commune de Sourgou, province du Boulkiemdé dans la région du centre-ouest que le président du Faso, Rock Kaboré à lancé officiellement ce jour 31 mars, son programme d’urgence 2016 sur l’eau et l’assainissement. L’objectif global du lancement officiel du programme présidentiel, volet « eau et assainissement » de la tranche annuelle 2016, est de marquer l’engagement du gouvernement à faire du droit à l’eau potable et à l’assainissement une réalité au Burkina Faso.

 

vendredi 1er avril 2016

Les partenaires financiers que sont la Banque européenne d’investissement, l’Agence française de développement et l’Union européenne, ont apporté leur contribution permettant au Burkina Faso de boucler le financement le 46 milliards de francs CFA (environ 78 millions $) nécessaires à la construction de la centrale solaire de Zagtouli, d’une capacité de 33 MW.

 

Recrutement de 4 200 professeurs de niveau BAC+2 : L’analyse de l’Association nationale pour le bien-être des enseignants du primaire du Burkina

 

mardi 29 mars 2016

Aujourd’hui, la grande question qui fait l’actualité surtout relative à l’éducation, qui se pose et se débat de part et d’autre, c’est bien la mise en œuvre du programme de recrutement des 4 200 enseignants niveau BAC+2 pour le post primaire. En effet, après le traditionnel point de presse du gouvernement tenu le jeudi 17 mars 2016, où le ministre de l’Education nationale, Jean Martin Coulibaly, en présence de Smaila Ouédraogo, ministre de la santé et Rémis Fulgance Dandjinou de la Communication, a fait part de la mesure, chacun y va de ses commentaires.